LA CHARTE
Historique et Introduction
Le scoutisme, fondé en Angleterre par Baden Powell
en 1907, a suscité dans la jeunesse un élan
extraordinaire. Sa diffusion rapide dans le monde entier
en est la preuve éclatante.
Très tôt, le Père Jacques Sevin a deviné
toute la richesse spirituelle que la méthode scoute
pouvait procurer à la jeunesse catholique de France.
Il a vécu en Angleterre cette méthode, l’a
étudiée sous tous ses aspects et l’a
merveilleusement adaptée au génie français
et catholique. Ce fut la grande époque du scoutisme
catholique quand le Père Sevin, au camp de formation
des chefs et cheftaines de Chamarande dont il fut le chef
aimé et admiré pendant 10 ans, rêvait
d’en faire un véritable ordre destiné
à jouer, dans notre monde contemporain, le rôle
que joua, au Moyen-Age, la chevalerie. Des milliers de garçons
et de filles s’enthousiasmèrent jusqu’à
l’héroïsme pour ce scoutisme dont l’idéal
les menait vers les sommets des vertus chrétiennes.
La preuve en est que les vocations sacerdotales et religieuses
ont fleuri par milliers. Il nous appartient de poursuivre
cette grande aventure du scoutisme catholique .
Sous l’influence des courants doctrinaux nouveaux,
et sous prétexte d’une pastorale plus missionnaire,
le scoutisme catholique français glissa progressivement
“de la mystique vers la politique” selon l’expression
du Père Sevin. La conséquence en fut le changement
de méthode et d’esprit. Mais la graine semée
par le Père Sevin s’avéra tenace.
Pourquoi la Fédération “Scouts
et Guides Godefroy de Bouillon”
Des milliers de garçons et de filles recherchent
un scoutisme catholique authentique sans aucune concession
au virus moderniste qui ronge tout de l’intérieur,
vidant la méthode scoute de ses principes, les dogmes
catholiques de leur substance, la morale de ses exigences,
l’Ecriture Sainte de sa signification divine. Pour
le favoriser efficacement, la Fédération S.G.D.B.
se propose de mettre à la disposition des groupes
fédérés constitués en association,
un certain nombre de services : organisation de camps sous
tente, camps de formation, services administratifs, retraites
spirituelles, insignes et uniformes, librairie scoute, etc.
Exigences
A - Plan Religieux
La Fédération veut rester fidèle au
scoutisme catholique du Père Sevin. Elle est persuadée
que le scoutisme catholique qui a formé des milliers
d’hommes et de femmes tout entier au service de Dieu,
de son Eglise et de la France, est tout aussi valable aujourd’hui
qu’autrefois parce qu’il est fondé sur
Dieu et l’ordre voulu par Dieu. Il respecte parfaitement
l’ordre naturel et surnaturel., les distinguant sans
les confondre et sans les séparer. Nous sommes scouts
parce que catholiques ; le scoutisme n’est pas une
fin en soi mais un moyen d’éducation et d’apostolat.
“Le scout est fier de sa foi et lui soumet toute
sa vie”
Il croit fermement toutes les vérités révélées
et confiées par Dieu à son Eglise, l’Eglise
catholique, apostolique et romaine. Ce dépôt
lui est transmis par le Magistère infaillible de
l’Eglise. C’est à lui que se réfère
la Fédération. Elle doit se garder prudemment
de tout amalgame mêlant catholicisme et libéralisme.
“Il y a quelque chose de pire que tous les démons
sortis de l’enfer, c’est le libéralisme
catholique ! ”. La Fédération demande
instamment à ses adhérents de prendre garde
à certaines doctrines qui présentent des idées
généreuses, séduisantes, mais qui véhiculent
un poison mortel. C’est le cas de nombreuses associations
dites de “droites” ou dites “d’Eglise”.
Sont particulièrement dangereuses les associations
dont le but et l’action sont secrètes.
La Fédération demande comme condition préalable
à toute investiture officielle avec cérémonie,
la participation des chefs et cheftaines à une retraite
de Saint Ignace et la consultation d’un directeur
spirituel reconnu pour sa prudence et sa connaissance du
scoutisme. En attendant, le mandat est provisoire.
Le catholique scout se ferait illusion s’il se contentait
d’être fier de sa foi ; il doit de plus, vivre
sa foi en observant les commandements de Dieu, en recevant
les sacrements, en priant régulièrement et
en participant sérieusement à la liturgie
de l’Eglise. La Fédération reste fidèle
à la liturgie romaine de toujours, dont l’usage
a été concédée à perpétuité
par le pape saint Pie V en sa bulle “Quo primum tempore”.
Cette “bulle” solennelle n’a jamais été
abrogée.
La Fédération des Scouts et Guides Godefroy
de Bouillon reconnaît officiellement la légitimité
des sacres conférés par Mgr Marcel Lefebvre
en 1988 pour sauver la Tradition de l’Eglise et le
sacerdoce catholique Les groupes affiliés doivent
reconnaître cette légitimité et ne peuvent
faire appel à des aumôniers ou des associations
condamnant ces sacres ou recourant aux messes traditionnelles
[(messes de l’Indult (de 1984)].
B – Chefs et Cheftaines
Les groupes fédérés sont dirigés
par des chefs ou des cheftaines auxquels les parents ont
délégué leur autorité. Ils guident
et donnent l’exemple. Ils s’efforcent d’imiter
le Divin Chef qui a dit : “Je vous ai donné
l’exemple pour que vous fassiez comme j’ai fait
!”. Jamais ils ne se permettront ce qu’ils défendent.
Courageusement et par esprit de sacrifice ils éviteront
tout relâchement. (alcool, tabac, débraillé,
etc.).
C – Méthode Scoute
Le vrai scoutisme est avant tout une méthode d’éducation
personnelle, basée sur la progression individuelle.
De plus, il est une réaction vigoureuse contre “l’intellectualisme”
appelé aussi “idéalisme” ou “subjectivisme”.
Franchement réaliste et objectiviste, il discipline
l’intelligence pour l’amener à percevoir
la Vérité avec certitude ; il suscite en elle
un amour passionné du vrai et l’horreur permanente
du mensonge intellectuel.
Les points sur lesquels porte principalement l’effort
du scoutisme sont exprimés par :
- les trois principes,
- la loi scoute,
- la promesse,
qui définissent ce qu’est le scout. L’ensemble
de ces vertus constitue ce qu’on appelle l’esprit
scout et une société qui n’adopterait
que les techniques et rejetterait la promesse et la loi
scoute omettrait l’essentiel du scoutisme, ce qui
est son âme.
Le scoutisme est une école de dévouement,
il combat l’égoïsme par l’habitude
de la bonne action quotidienne qui fait refleurir l’esprit
chrétien de charité et de dévouement
chevaleresque en obligeant le scout à être
toujours de service pour rendre service.
Le scoutisme est la plus noble école de patriotisme
et de civisme, il fait comprendre et aimer la France en
faisant connaître l’histoire nationale, ses
héros et ses saints. Il tend à former des
hommes et des femmes pour rétablir dans notre pays
la cité catholique.
Le scoutisme est une école de vie pratique, il a
ses méthodes propres qui varient suivant l’âge,
tout en se maintenant sur la ligne commune, il comprend
trois branches : les Louveteaux (ou Louvettes, ou Jeannettes),
les Eclaireurs (ou Guides), les Routiers (ou Guides Ainées).
Cette articulation, imaginée par Baden – Powell,
correspond à trois étapes naturelles de l’évolution
de l’enfant, aussi bien sur le plan physiologique
que sur le plan psychologique. D’une branche à
l’autre, il y a continuité du scoutisme dans
ses principes, ses méthodes et ses buts.
Le système des patrouilles met en œuvre le
principe de l’éducation du garçon par
le garçon. Une patrouille est une équipe indissociable
de 7 à 8 garçons sous la conduite de l’un
d’eux. Le chef de patrouille, plus expérimenté
est généralement plus âgé. Les
chefs de patrouille ne sont pas élus temporairement
mais investis, tenant du scoutmestre et par lui de Dieu
leur autorité qui n’est qu’un service.
A l’intérieur de la patrouille, chaque scout
prend des responsabilités personnelles et précises
selon ses aptitudes et ses goûts en fonction des besoins
de la patrouille. Plusieurs patrouilles constituent une
troupe dirigée par un scoutmestre assisté
d’un aumônier. Le gouvernement d’une troupe
se fait au moyen d’une cour d’honneur et d’un
conseil des chefs. La première a pour objet de s’assurer
que la troupe dans son ensemble, et chaque scout en particulier,
progressent bien dans la ligne de l’idéal scout.
Le second organise la vie et les activités de la
troupe.
Le scoutisme est un jeu, c’est-à-dire quelque
chose d’heureux, d’enthousiaste, d’entraînant.
Le jeu et la vie dans la nature sont essentiels au scoutisme.
Le jeu est l’activité instinctive du garçon.
Exercé en plein air il améliore la santé,
lui enseigne la discipline et l’esprit d’équipe,
accroît l’acuité de ses sens, développe
ses facultés d’observation, rétablit
son équilibre nerveux, exerce sa capacité
de décision. La vie dans la nature est d’abord
compréhension de l’œuvre de Dieu, mais
aussi, par le camp, école d’énergie,
de dépouillement, de savoir-faire, d’entraide
fraternelle. C’est au camp que la vie scoute trouve
sa plénitude, elle initie à la réalisation
du plan de Dieu.
Les épreuves de classe et le système des
badges sont conçus pour atteindre, à travers
l’acquisition de valeurs concrètes, les buts
du scoutisme.
Compagnies de guides, Clans routiers et Guides aînées
relèvent des mêmes principes. Meutes et clairières
ou rondes s’inspirent des mêmes principes en
les adaptant à l’âge tendre des enfants.
D – Organisation
La Fédération S.G.D.B. est essentiellement
une union de groupes scouts ou de guides constituée
en une association. Chaque groupe garde sa personnalité
et s’engage à respecter la Charte et les principes
des Scouts Godefroy de Bouillon.
E – Cotisation
Une cotisation annuelle est demandée à chaque
adhérent. Elle est fixée chaque année
par conseil d’administration de la Fédération.
F – Agrément
Tout responsable de groupe ou d’association sollicitant
l’admission de son groupe ou de ses groupes dans la
Fédération S.G.D.B. doit s’engager par
écrit à respecter et à faire respecter
la Charte. Le conseil d’administration statue sur
chaque demande.